En mai dernier, le bureau de l’Unedic avait déjà mis à son ordre du jour l’extension d’un programme expérimental, lancé en février 2005, qui prévoyait l’accompagnement de 7000 chômeurs de longue durée par des cabinets privés (voir à ce sujet l’article du 11 mai sur ce modeste blog l’Unedic négocie l’accompagnement des chômeurs de longue durée).
Au cours de sa réunion de rentrée, le 8 septembre dernier, le même bureau de l’Unedic a entériné la généralisation de cette opération test. A partir du mois de janvier 2007, 46 000
« chômeurs indemnisés et volontaires pour lesquels l'ANPE aura prescrit un accompagnement renforcé" seront accompagnés par 17 agences de placement privées,
sélectionnées après un appel d'offres européen, en vue d'un accompagnement "renforcé" ou "spécifique" vers le retour à l'emploi ou une aide à la création d'entreprise. La
convention qui sera établie entre l’Unedic et les opérateurs privés durera 2 années et concernera donc 92000 demandeurs d’emplois. Le bureau de l’Unedic a précisé qu’un « même prestataire ne pourra accompagner plus de 6 000 demandeurs d'emploi pour l'accompagnement renforcé et mille pour les repreneurs et créateurs
d'entreprise ». « Le suivi des opérations et l'atteinte des objectifs feront l'objet d'évaluations quantitatives et
qualitatives ».
Parmi les organismes choisis, figurent notamment les cinq acteurs de l'expérimentation lancée en 2005, à savoir les sociétés de travail temporaire ou de conseil Adecco, BPI et Altédia, le placeur
australien Ingeus et l'Agence pour l'emploi des cadres (APEC).
Il faut également préciser que l'ANPE n'a pas souhaité participer à l'appel d'offres. A ce sujet, Christian Charpy, le directeur général de l’ANPE, dans un entretien au Monde du
8 septembre 2006, a affirmé qu’ « on peut être public et efficace » et que « nombre de conseillers de l'agence vivent cela comme une remise en cause de leur travail et une
critique de leur efficacité ». En forme de riposte, l’ANPE a annoncé l'expérimentation d'un dispositif d'accompagnement « encore plus renforcé » pour 40 000 chômeurs
qui sera mené dans quatre régions. Cinq cents conseillers vont être affectés à cette expérience. Chacun aura la charge de 60 demandeurs d'emploi, au lieu de 120 à 130 d'habitude.
Qui dit mieux ? La bataille pour l’emploi fait décidément rage... Mais que penser de cette effervescence autour de l'accompagnement des publics ? L’accompagnement et le devenir des chômeurs est-il devenu un véritable enjeu démocratique, un marché mondialisé (à tout le moins européanisé) qui s'organise ou un immense terrain d’expérimentation de pratiques nouvelles ? Qu’en pensez-vous bloggeurs invétérés et néanmoins CIP solidement ancrés dans vos convictions et vos pratiques ?
Cette évolution du champ de l’insertion nécessite pour le moins que nous en débattions, et cet espace d’échanges s’offre à vos prises de paroles… Pour celles et ceux qui auraient
expérimenté, observé, voire évalué les méthodes de travail de ces cabinets privés, nous sommes collectivement preneurs de vos remarques et de vos analyses…
A suivre…
"Le pire ennemi des profits, c'est le plein emploi."
"Ce n'est pas un acquis social quand on a un minima social de ne pas être obligé d'exercer une activité pour justifier ce minima. C'est une lâcheté, un oubli, une faiblesse, une habitude."
Nicolas Sarkozy - 18/06/05
CELLES QUI SAUVENT
A écouter ICI en ayant une pensée pour le bonimenteur de "la France qui se lève tôt" et du "travailler plus pour gagner plus"...
°°°°°°°°
"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas que les choses sont difficiles."
Sénèque - Il y a longtemps
"C'est comme ça que j'ai recommencé ma vie en seconde édition. Comme quoi la vie, pour vous remplir, commence toujours par en bas. J'ai eu les génitoires en action avant le cerveau.
Ceux qui voudraient repêcher des types à la dérive avec de la morale concentrée devraient bien se mettre ça dans le crâne."
Jean Meckert - Les coups - 1942
"Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer."
Francis Scott Fitzgerald
PAROLES de CIP