Nouvelles du front !


Ce blog est né de l'initiative de Conseillers en Insertion Professionnelle formés à l'AFPA de Paris entre novembre 2004 et septembre 2005.

Il a pour objet de proposer un espace de paroles à tous ceux qui œuvrent dans le champ de l'insertion professionnelle et qui se confrontent aux dispositifs d'insertion, au temps compté, aux ressources des territoires, aux exigences des entreprises et aux situations des publics de plus en plus complexes et précaires, bref à tous ceux qui suent, qui doutent, qui gueulent… mais qui tentent de faire bouger les choses et qui recueillent aussi du plaisir et de la satisfaction dans l'exercice du métier.

Nous partons d'un double constat : peu d'espace occupé sur le web par les CIP et les échanges de pratique entre professionnels, au sein même des structures d'insertion, sont aussi peu nombreux et difficiles à organiser ; problème de culture de métier ou conséquence de l'accroissement de la productivité ?

Alors utilisez ce blog pour dire vos réussites et vos difficultés, sous forme de récit ou de questionnement. Echanger sur son expérience professionnelle, c'est interroger ses propres pratiques mais aussi celles de vos futurs lecteurs. C'est dépasser le "simple" échange par des positionnements et des propositions trop souvent accaparés par les "experts" et le politique dont les représentations de notre travail et du vécu des publics sont souvent éloignées du réel.

A vous de soumettre une réflexion, de prendre position, de réagir à l'actualité, d’échanger des infos et des conseils sur la formation de CIP, de mettre en question les dispositifs d'insertion.

Notre parole VAUT parce qu'elle reflète des réalités que nous vivons au quotidien et parce qu'elle concerne les publics dont l'expression des vécus reste timide ou empêchée. Ce blog doit aussi permettre d'entendre leurs paroles.

Bien sûr, la confidentialité des informations est de mise et les auteurs des textes peuvent rester anonymes.

Fin de l'épisode présidentiel. S'ouvre à présent une nouvelle campagne politique, celle des législatives.
Sur ce blog, avec nos modestes moyens... mais avec nos p'tits bras musclés, nous avons appelé, avant le premier tour de la présidentielle, à ne pas voter Le Pen, Sarkozy et de Villiers. Il s'agissait pour nous de dire que les valeurs que nous portons et auxquelles nous nous référons dans l'exercice du métier de CIP étaient incompatibles avec les attitudes et les discours de campagne de ces 3 candidats.
Aujourd'hui Nicolas sarkozy est élu président de la république. La passation des pouvoirs avec Jacques Chirac aura lieu le 16 mai, un nouveau gouvernement sera nommé avant le 20 mai et les principaux projets sarkoziens pourront être mis en oeuvre, dans les 100 jours qui suivent a annoncé l'équipe de campagne du nouveau président.
C'est donc une nouvelle période de débats qui s'ouvre. Des changements profonds sont annoncés, notamment concernant les politiques de l'emploi et les dispositifs d'insertion sociale et professionnelle. En tant que professionnels nous devons nous emparer de ces débats. Il est plus que temps que nos réflexions et nos expériences prennent corps, se diffusent et irriguent l'espace politique. Modestement mais avec engagement ce blog à un rôle à jouer. Ce blog n'est l'organe d'aucun groupe politique ou associatif, il ne s'est pas construit sur des fondements militants mais il défend avec engagement des valeurs, d'humanisme, de solidarité et d'égalité, il prône le débat d'idées et la réflexion, il cherche à ce que nous, professionnels-citoyens nous proposions des analyses critiques, nous ouvrions des espaces de dialogue pour nous saisir pleinement des questions sociales économiques et politiques qui vont redéfinir nos environnements de travail et nos interventions en direction des publics.
La campagne de Nicolas Sarkozy s'est construite sur une nouvelle ligne de partage idéologique, celle qui sépare clairement les salariés et les assistés, ceux qui se lèvent tôt et les fraudeurs. Une seule valeur, la valeur travail. Ceux qui n'en sont pas sont accusés de faiblesse et de lâcheté. Coupables ! Stratégie payante couronnée d'un succès éclatant. Salariés, il ne s'agit plus de financer les allocations et les dispositifs d'insertion qui s'adressent et qui bénéficient à plus pauvres que vous. "L'assisté" devient la figure principale de celui par lequel tous les maux ont assailli la société française. Il ne reste plus qu'à préciser qui sont ces assistés. Patience, ça vient... Les propos de campagne nous apprennent déjà que dans cette nouvelle catégorie les chômeurs et les immigrés figurent à égalité sur la plus haute marche. C'est à partir de ce corpus idéologique que des projets se dessinent :

- l'obligation d'activité en contrepartie du versement du RMI et d'autres minima sociaux,
- la suspension des allocations de chômage après le refus de 2 offres d'emploi,
- la fusion des Assedic, de l'ANPE et des maisons de l'emploi,
- la généralisation du profilage des inemployables (génétiquement inemployables ?) et le versement de ceux-ci dans de nouvelles catégories invisibles pour le calcul du taux de chômage,
- l'obligation pour les travailleurs sociaux de renseigner les fichiers de police à partir des informations recueillies auprès des publics,
- la mise en place d'un contrat de travail unique ( généralisation du CNE ?).

Ce ne sont là que des premières perspectives...

Dans ces contextes, quelles places, nous professionnels, devrons-nous tenir face aux publics en insertion et en demande d'emplois ? Que signifie accompagner dans un système de contrainte et de contrôle généralisés ? La relation d'aide, prise dans l'étau de l'injonction d'occuper un emploi, n'importe quel emploi, résiste-t-elle ou allons-nous devoir abandonner toute éthique professionnelle au risque de ne plus pouvoir supporter nos propres pratiques ?

Les questions sont nombreuses, foisonnantes. Nos réflexions, nos idées, nos argumentations et nos propositions doivent à présent l'être tout autant.

En dehors des engagements de citoyens qui sont peut-être les vôtres, visiteurs et contributeurs de ce blog, nous invitons les professionnels que nous sommes à dire la réalité de notre métier, à faire fructifier nos expériences de praticiens pour combattre les idées reçues et faire vivre nos valeurs. Dans l'esprit qui a prédominé à la création de ce blog, nous constituer en réseau, échanger nos pratiques, nous avons aussi intérêt à faire s'exprimer, y compris sur ces pages, les publics avec lesquels nous travaillons. Nos intérêts sont communs.

Saisissez vous de cet espace par les commentaires que vous laisserez. En fonction des thèmes que vous aborderez, nous publierons ici des synthèses de nos débats. Notre réseau qui s'étend se chargera de les porter et de les diffuser à tous les interlocuteurs qui pourront s'en faire l'écho. Les formes sont ouvertes, synthèses de paroles de praticiens et des publics, lettres ouvertes, pétitions...

Notre professionnalité repose sur l'acceptation de l'Autre, pas sur la contrainte et la mise en oeuvre de pratiques excluantes. Etablir la bonne distance avec le public implique notre engagement dans cette relation. Alors plus que jamais, veillons à quoi nous nous engageons...

 

Reproduction d'un dessin de Pétillon (Le Canard du 9 mai 2007)
Sarko.png
Mercredi 9 mai 2007
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Bibliothèque Idéale

POING... CONTREPOINT



  LES PHRASES QUI TUENT


"Le pire ennemi des profits, c'est le plein emploi."



(France Info - rubrique La Bourse)

"Ce n'est pas un acquis social quand on a un minima social de ne pas être obligé d'exercer une activité pour justifier ce minima. C'est une lâcheté, un oubli, une faiblesse, une habitude."

Nicolas Sarkozy - 18/06/05

 

    CELLES QUI SAUVENT


A écouter ICI en ayant une pensée pour le bonimenteur de "la France qui se lève tôt" et du "travailler plus pour gagner plus"...


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"Ce n'est pas parce que les choses sont difficiles que nous n'osons pas, c'est parce que nous n'osons pas que les choses sont difficiles."

Sénèque - Il y a longtemps


"C'est comme ça que j'ai recommencé ma vie en seconde édition. Comme quoi la vie, pour vous remplir, commence toujours par en bas. J'ai eu les génitoires en action avant le cerveau.

Ceux qui voudraient repêcher des types à la dérive avec de la morale concentrée devraient bien se mettre ça dans le crâne."

Jean Meckert - Les coups - 1942


"Il faudrait comprendre que les choses sont sans espoir et être pourtant décidé à les changer."

Francis Scott Fitzgerald





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