Le nouveau Secrétaire d'Etat chargé de l'emploi, Laurent Wauquiez, était invité sur l'antenne d'Europe 1, vendredi matin 11 avril.
Les élections municipales étant passées par là, enfin surtout les piteux résultats qui ont affecté la Sarkozie, les questions d'emploi
ont fait leur retour au sein d'un sous-ministère, 10 mois après la fusion du MINEFI et du ministère de l'emploi et le peu d'intérêt et l'absence marquée de compétences sur le sujet de la ministre
Lagarde.
Interviewé sur la fusion ANPE/Assédic, le RSA et le nouveau pataquès gouvernemental sur la suppression, réduction puis transfert et enfin extension de la carte "famille nombreuse", le sous-ministre s'est également exprimé sur la réforme en cours de l'indemnisation du chômage et l'obligation faite aux chômeurs d'accepter une offre d'emploi dite "raisonnable". Voilà bien un qualificatif inhabituel ; ça nous enveloppe l'offre d'emploi d'un je ne sais quoi de mystérieux, on a hâte de savoir ce que ce brouillard recouvre, le magicien retrousse les manches comme pour mieux nous faire comprendre que c'est garanti sans trucage... mais rien à faire... ça sent l'arnaque... continuons.
Je vous laisse écouter cet extrait de l'interview du sous-ministre par Benoît Duquesne où il s'agit de définir ce que pourrait être une offre d'emploi raisonnable. Le progrès ne connaissant toujours pas de limite, entre autres critères, une offre d'emploi raisonnable pourrait se définir par le montant du salaire proposé. Très bien pourrait-on penser jusque là... Il est vrai qu'un salaire trop bas ne saurait être acceptable par le futur salarié. Mais vous n'y êtes pas du tout. Une offre d'emploi sera considérée comme raisonnable, donc devant être acceptée par tout demandeur d'emploi, sous peine d'être radié et donc de perdre le bénéfice de l'ARE (les allocations de chômage), si le salaire proposé par l'employeur est supérieur au montant de l'ARE perçu par le chômeur. Là, on touche au divin... En moyenne, l'ARE représentant 57% du salaire brut antérieur, il est aisé de mesurer le grand pas que s'apprête à franchir l'humanité... un grand pas en arrière évidemment.
Et comme si cela ne suffisait pas, notre sous-ministre réfléchit à contraindre le demandeur d'emploi de s'engager dans une formation professionnelle si celle-ci conduit à le qualifier dans les secteurs en tension. Quid de la motivation, de l'orientation, des intérêts personnels, des capacités à faire face aux impératifs et à l'environnement du dit métier ? Aussi important que le montant de la feuille de paye dans l'esprit de notre Sarkoziste convaincu, du moment qu'il ne s'agit pas de mettre en jeu la sienne, bien évidemment...
Je vous laisse écouter ce pur moment de bonheur...
Pour les développements, les réactions et ce que cela laisse entrevoir comme nouvelles dérives de nos pratiques professionnelles... à vos commentaires...

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